Lors de la séance plénière présidée ce jour par le Président du Sénat, Sa Majesté Aboubakary Abdoulaye, le Sénat a officiellement reçu le Document de Programmation Economique et Budgétaire à Moyen Terme (DPEB) 2027-2029. Transmis par la Présidence de la République, ce document fixe la trajectoire des finances publiques du Cameroun pour les trois prochaines années. Il constituera la base de l’élaboration du projet de Loi de Finances 2027, dans le cadre du Débat d’Orientation Budgétaire en préparation.

Une économie nationale résiliente dans un contexte international incertain

Selon les projections du FMI publiées en avril 2026, la croissance mondiale devrait ralentir à 3,1% en 2026 contre 3,4% en 2025, sous l’effet des tensions géopolitiques liées à la guerre au Moyen-Orient. Cette crise pèse sur les prix de l’énergie, avec un baril de pétrole projeté à 82,2 dollars en 2026, ainsi que sur l’inflation mondiale, attendue à 4,4%.

Dans ce contexte, l’économie camerounaise afficherait une croissance de 3,5% en 2026, puis 3,6% en 2027, avant une accélération moyenne de 4,9% sur 2028-2029. Cette dynamique reste toutefois pénalisée par le secteur pétrolier, en contraction de -15,4% en 2026 en raison de l’épuisement des champs en exploitation, tandis que le secteur non pétrolier, porté par le PIISAH et le renforcement de l’offre électrique tire la croissance vers le haut.

Quatre priorités stratégiques pour 2027-2029

Le Gouvernement a défini ses choix stratégiques autour de plusieurs axes : le renforcement des infrastructures (barrage de Nachtigal, approvisionnement en eau potable de Douala et Yaoundé, réseau routier national) ; la relance agricole via le PIISAH ; l’industrialisation à travers le Programme d’Impulsion Initiale (P2I) et la restructuration de la SONARA ; et le renforcement de la protection sociale (assurance santé, Registre Social Unifié, Fonds de Solidarité National).

Une trajectoire budgétaire de consolidation sous conditions

Après un déficit primaire non pétrolier ayant atteint 2,6% du PIB en 2025 (contre un objectif de 1,4%), le Gouvernement vise une réduction progressive de ce déficit à 2,2% en 2027, puis 1,1% en 2029. Cet effort repose sur une mobilisation accrue des recettes internes non pétrolières avec un objectif de 14,1% du PIB à l’horizon 2029, combinée à une rationalisation des dépenses courantes.

Les recettes totales de l’Etat sont projetées à 5 652,2 milliards FCFA en 2027, en hausse de 2,6% par rapport à 2026, tandis que les dépenses budgétaires atteindraient 6 586,2 milliards FCFA. Le bouclage de ce cadre reste toutefois conditionné à la signature d’un nouveau Programme Économique et Financier avec le FMI, appelé à mobiliser des appuis budgétaires essentiels à la couverture des besoins de financement, évalués à plus de 3 000 milliards FCFA pour 2027. Le Gouvernement identifie par ailleurs plusieurs facteurs de risque : la prolongation éventuelle de la crise au Moyen-Orient, le retard dans la mise en œuvre des réformes structurelles (SOCADEL, SONARA), la fragilité de la situation sécuritaire, ainsi que la dépendance du bouclage financier à la conclusion effective de ce nouveau programme avec le FMI.

Le document sera défendu prochainement par le ministre des fiances devant la commission des finances et du budget de la Chambre Haute.

DIVCOM-RP/SENAT

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