Les travaux du Réseau des femmes parlementaires de la Francophonie se sont ouverts ce mercredi au Sénat, en marge de la 51ᵉ Assemblée parlementaire de la Francophonie (APF). La cérémonie d’ouverture a été marquée par les allocutions de la première vice-présidente du Réseau, l’honorable Lydienne Epoube, et de la Représentante d’ONU Femmes au Cameroun, Marie-Pierre Raky Chaupin, en présence de plusieurs femmes membres du gouvernement ainsi que de nombreuses personnalités. Les échanges ont portés sur les enjeux du leadership féminin, de la paix et de la gouvernance dans l’espace francophone.

Ouvrant les travaux au nom de la présidente du Réseau des femmes parlementaires de l’APF, Viviane Teitelbaum, empêchée, la première vice-présidente, l’honorable Lydienne Epoube, a souhaité la bienvenue aux délégations à Yaoundé. Elle a rappelé la dynamique enclenchée lors de la récente réunion intersessionnelle de Yamoussoukro, saluant l’engagement des autorités ivoiriennes, avant d’inviter les participantes à poursuivre, avec la même détermination, le combat en faveur des droits des femmes et du renforcement de leur place au sein des institutions.
Prenant ensuite la parole, la Représentante d’ONU Femmes au Cameroun, Marie-Pierre Raky Chaupin, a appelé à faire de la diplomatie parlementaire féminine un levier de réponse aux défis contemporains, notamment les crises sécuritaires, climatiques et le recul du multilatéralisme.


Saluant la tenue de cette rencontre au Cameroun, la responsable onusienne a félicité le Réseau des femmes parlementaires de la Francophonie pour son rôle dans la promotion de l’égalité des genres et le renforcement de la participation des femmes à la vie politique. Elle a également relevé les progrès enregistrés par le Cameroun en matière de représentation féminine, avec 61 femmes siégeant aujourd’hui à l’Assemblée nationale, soit 33,9 % des députés, contre 13,9 % en 2007.
Tout en reconnaissant ces avancées, ONU Femmes a dressé un constat plus nuancé à l’échelle mondiale. Selon les dernières données de l’Union interparlementaire et d’ONU Femmes, les femmes occupent désormais 27,5 % des sièges parlementaires dans le monde, un niveau inédit mais dont la progression ralentit. Plus préoccupant encore, leur présence à la tête des parlements est en recul.
Face à ce contexte, la Représentante résidente a insisté sur la nécessité de replacer les femmes au cœur des réponses aux crises. Elle a notamment souligné que les conséquences du changement climatique frappent plus durement les femmes et les filles, premières victimes de l’insécurité alimentaire, des déplacements de populations et des violences basées sur le genre, tout en rappelant qu’elles demeurent des actrices incontournables de la résilience et de la préservation de la biodiversité.
L’un des temps forts de son intervention a été le soutien affiché à l’adoption prochaine de la Déclaration pour le renforcement d’une diplomatie parlementaire féminine. Pour ONU Femmes, cette initiative constitue une réponse politique forte aux défis du multilatéralisme et réaffirme le rôle des femmes comme médiatrices, négociatrices et bâtisseuses de paix, conformément à l’Agenda « Femmes, Paix et Sécurité » des Nations Unies.
Afin de traduire ces ambitions en actions concrètes, l’agence onusienne a invité les parlementaires à concentrer leurs efforts sur quatre priorités : renforcer les cadres juridiques de lutte contre les violences faites aux femmes, promouvoir des budgets sensibles au genre et au climat, accélérer la parité et le leadership féminin dans les instances décisionnelles, et assurer la mise en œuvre effective des Plans d’action nationaux « Femmes, Paix et Sécurité ».

Enfin, ONU Femmes a réaffirmé sa disponibilité à accompagner les parlementaires francophones dans leurs missions législatives, en mettant à leur disposition son expertise technique et ses données de genre. Un engagement qui s’inscrit dans une ambition plus large : transformer les engagements internationaux en lois, puis les lois en changements concrets pour les femmes et les filles de l’espace francophone.
Les travaux se poursuivent sous la conduite de la 1ère Vice- présidente du Réseau des femmes parlementaires, l’honorable Lydienne Epoube.

DIVCOM-RP/SENAT

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